Retour sur le 1er forum de la construction paille au
Lambon (79)
par JB Thévard, Orléans le 23 Mai 2006
Au regret de ne pas avoir pu y aller le dimanche et
le lundi, je n'ai pas eu le temps de rencontrer tous le monde, pas encore eu le
temps de mettre des têtes sur tous les pseudos qui courent dans le forum des
Compaillons...
Les têtes essentielles étaient là (André de
Bouter, Samuel Courgey, Philippe Liboureau, Thierry Soubrier,
Tom Rijven (Raïven), les incontournables du forum Internet des
Compaillons, les autoconstructeurs, des architectes, des représentants
d'assos, des constructeurs, des autoconstructeurs, des stagiaires et tous ceux
que j’ai oublié....). Bref un melting-pot surprenant, mélangeant professionnels
et amateurs, ancien et nouveau, écolos de la première génération, alternatifs de
la dernière génération, les "pur&dur", les "consensuels", les théoriciens et
les pragmatiques.... Il a été difficile de retrouver les Compaillons dont nous
ne connaissions que les pseudos Internet !!!
Etait donc rassemblé pour cette occasion, le petit
noyau motivé de la construction en botte de paille, ce noyau qui cherche à
construire son avenir, à confondre son histoire personnelle et à trouver une
identité au travers de toutes ses ambitions plus ou moins avouées.
Ce jour-là, le 7 mai 2006, chacun cherchait botte à
son pied !
Toute critique est possible sur les choix
techniques ou architecturaux mais que celui qui fait mieux jette la première
botte de paille !
Idem pour le projet tenu par Samuel Courgey,
projet moins social mais beaucoup plus technique et scientifique, qu’est la
maison en paille et celle en béton de chanvre de Montholier. Présenté
lors de la conférence sur les DTU, ce projet est l’aboutissement de longues
années de travail et d’investissement dans ce domaine dont je reconnais
volontiers les mérites.
On peut comme pour le projet précédent opposer des
tas de critiques sur les choix techniques de cette expérience, mais rien ne
m’enlèvera de la tête l’immense travail pour mettre en route et coordonner ce
genre de projet.
Judith LEGO, de
Sa perception professionnelle et mesurée de la
construction en paille tranche avec les perceptions militantes, parfois à
l’excès, de certains d’entre nous.
Il va de soi que la diversité fait la richesse et
que la pensée unique ne permettrait certainement pas ce genre de rencontre et
rendrait difficile la création et l’évolution des
techniques.
Les thèmes de travail abordés et à poursuivre
l’élaboration par petit comité au sein du réseau sont : la formation, les
assurances professionnelles, sur les chantier, la rédaction d’une
feuille de choux et l’organisation de la prochaine
rencontre…
Concernant quelques aspects plus personnels,
André a été pour moi la personne qui représente les valeurs les plus
adaptées à une évolution positive de la construction en paille. Il a une
ouverture d’esprit hors du commun et un dynamisme surprenant. Il est
l’incontournable franco-européen du « french straw-ball
network » !!!
Je retiendrais particulièrement sa phrase « si
Lafarge veut se mettre à construire en paille, je suis prêt à l’inviter à boire
un verre… Je ne m’en ferais certainement pas un ami… »…
Merci André pour ton accueil…
Seul Tom Rijven s’est nommé « chercheur ».
Il
est important que la construction en paille se dote de
« chercheurs », de quelques
« scientifiques de la construction », prêt
à essayer de nouvelles techniques de mise en œuvre
spécifiquement adaptées aux ballots de paille.
Nous travaillons depuis 20 ans sur ces sujets, mais
les techniques n’ont finalement que peu évolué.
J’ai remarqué que l’essentielles des techniques
reprennent les ossatures bois traditionnelles ou conventionnelle (par facilité
ou économie de recherche) et que c’est au ballot de paille de s’y adapter.
On calibre, on retaille, on découpe, on trempe les
ballots, tant d’énergies gaspillées pour transformer ce qui peut être utilisé
dans l’état.
Ne serait-ce pas judicieux d’envisager la
construction d’ossatures adaptées à la botte de paille dans l’état et les faire
reconnaître ? La force du Réseau Paille en sera d’autant plus évidente, et son
rôle dans le monde de la construction conventionnelle prendra ses lettres de
noblesse.
Ne nous enfermons pas dans des techniques dites
abouties, car l’arrivée de nouveaux principes constructifs moins sympathiques
emmenés par des professionnels sans scrupules pourrait nous faire passer pour
des arriérés alors que nous nous devons tout à fait être à la pointe du progrès
dans ce domaine…
Gare aux luttes de clochers qui risquent de faire
perdre de la crédibilité aux constructeurs en paille…
Dernier point, concernant le réseau qui se
crée…
Le débat tant attendu sur les DTU a plus fait
réfléchir qu’apporter des solutions… ce qui n’est pas un mal…
finalement.
La paille se met en œuvre de mille manières… alors,
plutôt que rédiger des règles qui les limitent, inventer un agrément qui
permet de construire en toute sécurité.
Une sorte de label « Constructeur en Botte de
Paille », une sorte d’AOC….
N’est-ce pas le but de ce forum que de mettre en
marche la boite à idée ?
Le Réseau doit se forcer à en définir une certaine
« éthique », une déontologie qui fait de la paille non pas un effet de mode mais
bien une volonté consciente de diminution de l’empreinte écologique, pour la
santé des professionnels et des usagers et pour un développement économique
local.